Sur les pas de la Lost Generation : Hemingway + Fitzgerald in Paris 1/2

Hemingway et Fitzgerald sont mes deux écrivains fétiches, auteurs de deux des meilleurs livres au monde : The Great Gatsby et Fiesta : The Sun Also Rises. Ces icônes de la Lost Generation ont tous deux vécu dans ce Paris de l’entre-deux-guerres, ville qui les a inspirés, formés, influencés.
LuxembourgMieux que Midnight in Paris, So many Paris vous propose ici de partir sur leurs traces dans le Paris des années 20, entre le Quartier latin, Montparnasse et le quartier de l’Opéra. Un jeu de piste à suivre d’un coup ou en plusieurs étapes, à l’aube ou à la tombée du soir, au gré des verres et des cafés, car si Paris est une fête, tendre est la nuit et le soleil se lève aussi !

PARTIE I : Entre le Luxembourg et Montparnasse

Point de départ de notre première partie du voyage, la rue Jacob, au cœur du Quartier latin. C’est ici que commence Paris pour Ernest Hemingway et sa femme Hadley, fraîchement débarqués à Cherbourg fin décembre 1921. Reporter pour le Toronto Star, les poches vides, mais bardé de lettres d’introduction qui vont lui ouvrir les portes de Gertrude Stein, Sylvia Beach et Ezra Pound, Hemingway s’installe au n° 44 de la rue Jacob. Il se lance dans l’écriture, enchaînant les articles sur la vie parisienne et les reportages sur la vie en Europe, perfectionnant son style. Paris est « la ville la mieux faite pour permettre à un écrivain d’écrire » ! Aujourd’hui l’Hôtel Jacob, où les Hemingway louaient une chambre pour 30$/mois, est devenu l’Hôtel d’Angleterre, un 3 étoiles.
44 rue JacobEn passant par Saint-Germain-des-Prés, remontez vers la rue de Mézières et le 58 rue de Vaugirard où vécut le couple Fitzgerald à la fin des années 20 et au début des années 30. A la même époque les Hemingway vivent tout près, au 6 rue Férou. Entre des virées dans le sud de la France et des retours aux Etats-Unis, les deux écrivains, rivaux plus qu’amis, changent très souvent de domicile au fils de leurs séjours parisiens, dans cette ville où la prohibition n’existe pas et où la vie n’est pas chère avec des dollars en poche : avec moins de 3$/jour on peut s’y nourrir, s’y loger, sortir… qui dit mieux !
58 rue de Vaugirard58 rue de Vaugirard
Avant d’entrer dans les jardins du Luxembourg, faites un crochet par le 27 rue de Fleurus, où Gertrude Stein recevait dans son salon, les samedis à 21h, une avant-garde artistique venue du monde entier. Elle initie Hemingway à l’écriture automatique ; il lui attribue en retour l’origine de la notion de Lost Generation : « Vous autres, jeunes gens qui avez fait la guerre, vous êtes tous une génération perdue ». Quand j’y suis passée j’ai eu la chance de tomber sur un gentil facteur qui m’a ouvert la porte et donné un petit cours sur Gertrude Stein !
27 rue de FleurusPassez les grilles du Luxembourg au bout de la rue de Fleurus. C’est là qu’Hemingway partait tromper la faim et chercher l’inspiration :
 » Quand vous aviez renoncé au journalisme et n’écriviez plus que des contes dont personne ne voulait en Amérique, et quand vous aviez expliqué chez vous que vous déjeuniez dehors avec quelqu’un, le meilleur endroit où aller était le jardin du Luxembourg car l’on ne voyait ni ne sentait rien qui fût à manger tout le long du chemin, entre la place de l’Observatoire et la rue Vaugirard. Une fois là, vous pouviez toujours aller au musée du Luxembourg et tous les tableaux étaient plus nets, plus clairs et plus beaux si vous aviez le ventre vide et vous vous sentiez creusé par la faim.  »
LuxembourgLuxembourgEn remontant par l’avenue de l’Observatoire, vous déboucherez sur la Closerie des Lilas, 171 Boulevard du Montparnasse. Pas facile aujourd’hui d’imaginer que ce lieu plutôt huppé était le rendez-vous de la colonie des artistes américains à Paris, souvent affamés et sans le sou… Mais comme le dit Ernest lui-même,  » Il n’était pas de bon café plus proche de chez nous que le Closerie des Lilas, quand nous vivions dans l’appartement situé au dessus de la scierie, 113, rue Notre Dame des Champs, et c’était l’un des meilleurs cafés de Paris. ll y faisait chaud, l’hiver ; au printemps et en automne, la terrasse était très agréable, à l’ombre des arbres, du côté du jardin et de la statue du maréchal Ney, et il y avait aussi de bonnes tables sous la grande tente, le long du boulevard.  »
Closerie des LilasAllez y boire un café ou un verre car c’est là qu’Hemingway se rendait presque tous les jours pour écrire, là qu’il a intégralement rédigé Le soleil se lève aussi (mon préféré donc), là que Fitzgerald lui a fait lire le manuscrit de Gatsby le Magnifique.

Non loin de là se trouvaient deux autres repères où nos écrivains américains enchaînaient les whiskeys et les bourbons : le Dôme (qui existe toujours) et le disparu Dingo Bar, 10 rue Delambre, où les chemins d’Hemingway et de Fitzgerald se sont croisés pour la 1ère fois en avril 1925. Si le Dingo Bar est devenu l’Auberge de Venise, le bar est toujours celui d’origine : allez donc y boire un coup à la santé d’Hemingway, qui d’après la légende inventa à ce comptoir le Long Island Iced Tea.
Dingo BarBonne promenade littéraire et rendez-vous la semaine prochaine pour la deuxième partie de la promenade

Co.


Pratique

Hôtel Jacob
44, rue Jacob, 75006 Paris
Métro (4) Saint-Germain-des-prés

Closerie des Lilas
171, Boulevard du Montparnasse, 75006 Paris
RER (B) Port Royal, ou Métro (4) Vavin
Ouvert tous les jours, midi-01h
Site internet de la Closerie des Lilas ici

Le Dôme
108,boulevard du Montparnasse, 75014 Paris
Métro (4) Vavin
Ouvert tous les jour, déjeuner à partir de 12h et dîner de 19h-23h30

Auberge de Venise (ex Dingo Bar)
10, rue Delambre 75014 Paris
Métro (4) Vavin
Ouvert tous les jours, déjeuner 11h30-14h30 et dîner 18h30-23h30

11 commentaires

  1. J’adore aussi ces deux écrivains. Dans « Paris est une fête » d’Hemingway on est plongé dans ce Paris de ses jeunes années d’écrivain. Passionnant de marcher sur leurs pas.

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    • Paris est un bon debut pour les fans d’Hemingway, à defaut de pouvoir aller en Espagne, à Cuba ou à Key West (destinations clairement sur ma liste)! Pour l’instant je n’ai coché que Walloon Lake, la maison de vacances d’enfance d’Hemingway, dans le Nord du Michigan. Un endroit tres beau!

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  2. […] Vous avez envie de découvrir la prose des sœurs Brontë, de Jane Austen, d’Hemingway et JK Rowling dans la langue de Shakespeare ? Pour celles et ceux qui comme nous préfèrent les couvertures flashy des livres de poche anglais ou ne jurent que par leur Penguins Classics, Paris abrite plusieurs librairies anglaises et américaines qui rappellent les second-hand bookshops qui ont fait notre bonheur à Londres ou à San Francisco ! Shakespeare&Co Rive gauche, près de Notre-Dame, vous pouvez marcher dans les pas de la beat generation dans l’incontournable Shakespeare&Co, refuge des écrivains anglo-saxons depuis les 50’s. Dans ce dédale des petites pièces, véritable caverne d’Ali-Baba bourrée à craquer du rdc au premier étage, les livres s’achètent, s’échangent, passent de mains en mains, sur les conseils des « tumbleweeds », ces voyageurs ou écrivains de passage hébergés gratuitement dans la librairie en échange d’un coup de main dans les rayons. C’est chez Shakespeare&Co. qu’ont été vendus les premiers livres d’Ernest Hemingway en France. Si vous voulez en savoir plus sur le Paris des années folles et la vie bohème des écrivains américains à Paris, on vous conseille notre balade Sur les pas de la Lost Generation: Hemingway et Fitzgerald à Paris. […]

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