Carnet de voyage : un road trip entre Arizona et Utah

Un nouveau carnet de voyage américain rejoint aujourd’hui notre collection de posts consacrés aux voyages ! Aujourd’hui, je vous emmène entre Arizona et Utah : les premières étapes d’un road trip inoubliable entre Phoenix et la Nouvelle Orléans, poursuivi en train et Greyhound bus jusqu’à Detroit.

J’ai rédigé ce post en relisant les notes brouillonnes patiemment alignées sur les pages de mon carnet de voyage, mile après mile, et j’espère qu’il vous donnera des envies d’aventure américaine !

Pendant cette étape magique, nous avons avalé quelques 1000 kilomètres de route entre Phoenix et Four Corners, et compris, assez rapidement que c’était bien la route la star du voyage.  Qu’aussi souvent qu’il nous fallait éviter les Interstates et les grands axes, il nous fallait aussi minimiser les trajets de nuit : en conduisant dans l’obscurité, on brûle les étapes, et c’est toute la magie de la route qui disparait. Que chaque station-service était une vraie leçon de culture américaine, et un petit poème en soi. Qu’une fois rentré à la maison, on se souviendrait autant du moment où l’on a vu le Grand Canyon pour la première fois, que de ces longues heures passées à voir défiler l’Amérique de chaque côté de la route.

Point de départ de l’aventure : Phoenix ! De Phoenix, je n’ai vu que la vie nocturne, et j’ai quitté à regrets cette ville-cactus, avec la furieuse envie d’y revenir.

Les cactus, parlons-en !

J’ai eu la chance de visiter le plus merveilleux des state parks pour observer ces géants parfois deux fois centenaires : le Lost Dutchman State Park (site internet ici), qui se situe au coeur de l’Apache Trail (carte ici), que nous avons suivi de Phoenix au Roosevelt Dam.

Ce parc regorge de trails plus ou moins longs à faire à pieds, qui permettent de croiser de magnifiques saguaro, ces cactus-chandeliers (ils mesurent parfois jusqu’à une dizaine de mètres !), ou, plus près du sol, des figuiers de barbarie ou des chollas.

A la sortie de l’hiver, ce sont aussi des ribambelles de mini-fleurs multicolores qui sortent du sol !

L’Apache Trail, dont la route se transforme parfois en piste sinueuse, prise entre la roche, offre aussi nombre de sublimes panoramas, très appréciés des bikers qui sillonnent la route sur leurs bécanes.

Ils sont nombreux à faire une pause au dessus de  Canyon Lake, lac artificiel entouré de falaises rougeoyantes.

Passé le Roosevelt Dam, la route s’étend comme un long ruban d’asphalte et l’on ne croise plus qu’une station service ou un trailer park (beaucoup de trailers parks) de temps à autre.

Le paysage change aux abords des petites villes de Strawberry et Pine (ça ne s’invente pas !) : la végétation a repris ses droits, et les pins sont légion. Alors que nous commençons à monter en altitude, la lune se lève et c’est superbe. J’ai toujours regretté d’avoir roulé dans la nuit noire pour les 2h de route restantes qui nous ont amenés jusqu’au Grand Canyon : depuis, c’est la règle, plus de trajets de nuit lors d’un road trip, c’est tricher.

Grande consolation à cette portion de route effectuée dans l’obscurité : la plus belle des surprises avec une découverte totale des paysages du Grand Canyon (site internet ici), au lever du soleil, le lendemain matin. C’est l’avantage de passer la nuit dans le national park (même si la chambre au Xanterra South Rim coûte une petite fortune !). Se réveiller, s’emmitoufler, et sortir dans le froid vif, suivre les petits chemins entre les pins et les plaques de neige…et découvrir, presque seuls au monde, dans la lumière rose des premiers rayons de soleil, la grandeur du Grand Canyon depuis le Rim Trail.

Même en ayant vu des photos, lu sur le sujet…rien ne prépare vraiment à ce paysage sublime, grandiose, dont la profondeur se compte en milliards d’années. C’est à couper le souffle !

Sur le parking du General Store où l’on prend enfin le temps de prendre le petit déjeuner (pastrami mon amour <3), toutes les plaques d’immatriculation des Etats-Unis sont présentes ou presque.

Impossible d’emprunter les trails qui descendent dans le canyon sans crampons (le verglas), alors nous restons en bordure du Rim Trail, à observer les rapaces (en haut), les cliff chip-munks (en bas), et les élans dans la forêt (derrière nous).

Nos adieux au Grand Canyon se feront au Desert View point (site internet ici) : de là on peut voir les méandres chargés de sable du fleuve Colorado, qui creuse le fond du canyon…et puis, à l’est, l’immensité du désert, à perte de vue.

Passée la Kaibab National Forest (site internet ici), le paysage change d’un seul coup : plus de pinède, plus de plaques de neige. C’est aride et sablonneux, la végétation se rapproche considérablement du sol, l’ocre remplace le beige. Puis c’est le désert.

Le moment de faire le plein d’essence aussi, et pour ma part, de nourrir une passion naissante pour les stations-service américaines, parfois uniques points de rencontre au coeur d’espaces gigantesques. La petite mamie Navajo, au comptoir, nous offre son grand sourire lorsque nous reprenons la route.

Plus l’on se rapproche de Tuba City et plus l’on sent que l’on roule ici en territoire Navajo. A droite et à gauche de la route, le désert, les premiers blocs de roche rouge dans la lumière rasante, quelques trailers, parfois une maison, un trading post, un arrêt de school bus. That’s it. On pose le camp dans un motel de Kayenta : comme dans tous les motels, on y trouve une moquette à motifs absolument savoureuse et une bible dans la table de chevet. Il fait nuit noire lorsque l’on dévore des ribs et une grande salade.

Le lendemain matin, l’aube se lève à peine lorsque nous reprenons la route en direction de Monument Valley. La route ! Mile après mile, l’envie de s’arrêter pour faire des photos est omniprésente tant on a parfois l’impression de voir défiler le plus beau décors qui soit à travers les fenêtres, pare-brises, rétroviseurs.

Des oatmeal cookies seront achetés dans un mall en guise de petit déjeuner dégustés entre Arizona et Utah, aux portes de Monument Valley Navajo Tribal Park (site internet ici).

Monument Valley. Là encore, c’est un paysage à couper le souffle. Quelle chance de l’avoir presque rien que pour nous, tant il est tôt dans la journée et dans la saison.

La neige saupoudre les sommets de ces gigantesques blocs de roche rouge, le soleil est encore bas, et la température est glaciale lorsque que l’on se lance sur le Wild Cat Trail (informations ici), qui fait le tour de la East Mitten Butte, avec cette impression de rentrer dans le décors ! Un bonheur de randonner au coeur du désert, dans un silence de cathédrale. Ici, chaque petit bruit est amplifié, et nos pas dans le sable rouge, semblent raisonner à des kilomètres à la ronde, accompagné par le son du vent dans les herbes sèches. A la fin du trail, le mercure est remonté.

Nouvelle portion de route, nouvelle station service, à Red Mesa. Elle semble reposer sous une fine couche de poussière rouge, qui recouvre jusqu’aux combinés des vieux téléphones à l’extérieur. Seuls les papiers brillants des snacks à l’intérieur rappellent que le temps ne s’est pas arrêté. Un vieux monsieur navajo, avec turquoise sur sa ceinture et grand chapeau, marque un panier en jetant un papier roulé en boule dans la poubelle, puis me lance un sourire complice. Score!

Puis c’est Four Corners, l’exacte frontière entre les états de l’Arizona, l’Utah, le Nouveau-Mexique et le Colorado. Pour nous la route se poursuit au colorful Colorado d’abord, puis au Nouveau-Mexique et ensuite au Texas, et en Louisiane.

C’est aussi la fin de ce carnet de voyage ! Toutes les lieux mentionnés dans ce post figurent sur cette carte. A très bientôt pout un nouveau voyage,

Cl. 

7 commentaires

  1. Encore merci pour ce magnifique reportage, qui fait rêver et connaître davantage ce continent nord américain, loin des clichés habituels. Au prochain voyage…

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